PEDAGOFORM

REFLEXIONS SUR LA FORMATION PROFESSIONNELLE... UNE NOUVELLE REFORME ?

signature de la convention de formation 

Plusieurs réflexions ont émergé en décembre 2011 visant à réfléchir aux perspectives de la formation professionnelle en France. Rappelons que la dernière réforme de la formation professionnelle date du 24 novembre 2009.

n A l'occasion des 40 ans de la loi du 16 juillet 1971 relative à la formation professionnelle, le Conseil Economique et Social a émis un avis sur les perspectives de la formation en France. A ce titre, un document resituant un bilan de la formation et 24 propositions en devenir est paru le 13 décembre dernier en ce sens. Info PedagoForm twittée le 14 décembre dernier : avis du CESE sur la formation professionnelle. Ce document est trés synthétique.

n Dans cette même lignée, l'AFPA a également édité en décembre 2011 un livre blanc intitulé "Quelle formation demain ?".

Ce livre blanc est issu d'un travail d'élaboration sur toute l'année 2011, il est le fruit de rencontres et témoignages multiples entre formateurs, formés, financeurs de la formation, acteurs et contributeurs de la formation.

Ces réflexions avaient été précédées pour mémoire en octobre dernier par l'étude de l'Institut Montaigne - Pierre Cahuc, Marc Ferracci, André Zylberberg : Formation Professionnelle - pour en finir avec les réformes abouties.

 

 

Pour prendre connaissance de l'esprit des idées de réforme proposées par l'Institut Montaigne, vous pouvez vous reporter à la vidéo à la fin de cet article, qui est une interview de Marc Ferraci, économiste, chercheur au CREST, Maitre de Conférence à l'Université de Marne la Vallée, Paris Est.

En c equi concerne le livre blanc de l'AFPA, même s'il est compact, il peut être intéressant de le parcourir car il a le mérite de faire le point sur les avancées et écueils de la formation professionnelle mais aussi sur des idées et perspectives en devenir. Il est surtout trés riche du fait de l'hétérogénéïté des contributions, issues du terrain et de la pratique professionnelle quotidienne de la formation.

Et, pour vous inviter à la lecture de certains passages, voici mis en lumière certains d'entre eux qui peuvent particulièrement retenir l'attention.

Tout d'abord l'éditorial de Jean Paul Delevoye, devenu président du Conseil Economique Social et Environnemental - "La montée de l'individualisme tend à exacerber la soif de liberté et d'autonomie des personnes. Désormais notre système se doit aussi d'agir sur les comportements et les ressorts psychologiques des individus. La plupart de nos politiques publiques compensent les échecs des personnes, mais n'éveillent pas les potentialités chez celles et ceux qui sont en proie à une forme de mésestime de soi. Il ne s'agit pas seulement de mettre l'individu au coeur du dispositif, mais de le rendre acteur de son parcours, de réfléchir avec lui sur ses motivations et son appétence à se former. La question est de savoir si aujourd'hui, certaines personnes se tiennent à distance de la formation parce qu'elles ne croient plus à la finalité des dispositifs en place et dont la vocation ne serait en fait que de les occuper ou parce que les contraintes de temps et de coût leur paraissent trop lourdes". Puis, de s'interroger sur la capacité de notre système à se corriger, et sur l'accessibilité et l'effectivité des droits à la formation.

 

Puis l'idée de devoir faire face à 3 nouveaux défis :

1/ institutionnaliser un management de la formation : faire adhérer le salarié, l'informer, l'orienter, s'emparer de la formation pour créer une dynamique et accompagner les salariés dans leurs évolutions

2/ reconsidérer l'offre de formation dans une optique d'efficacité et de retour sur investissement : plus qu'un débat sur la qualité, c'est un débat sur l'efficacité de la formation et son retour sur investissement économique mais aussi social qui doit être lancé

3/ oeuvrer pour qu'enfin l'égalité d'accès à la formation se concrétise.

 

Si vous êtes formateur ou intervenants, parcourez surtout et en priorité page 24 les idées notables d'une communauté de formateurs, notamment sur la nécessité de créer des réseaux, en recherche d'identité professionnelle et notamment "Le formateur, seul dans l'acte de formation?" / "Nouvelle génération, nouveaux stagiaires, nouveaux publics - comment adapter nos méthodes d'apprentissage à ces nouveaux enjeux ?". A noter aussi l'émergence du métier de "designer pédagogique" pour créer le lien entre formation et fonction pédagogique.

Alors, bien entendu, lorsqu'on donne la parole aux stagiaires, il convient de vous y référer directement page 50, de crainte de transformer leurs propos et idées. Puis lorsqu'elle est donnée aux institutions, pourquoi ne pas aller consulter les propos du représentant du CESER, au niveau de votre propre Région ? Et lorsqu'enfin entreprises et OPCA témoignent page 100 du document, certaines phrases, au confluent de la GPEC, de l'évaluation de la formation convient à une vraie réflexion sur le réseau social de l'entreprise.

Pour terminer, n'omettez surtout pas de lire :

- Marc Ferracci, maitre de conférence à l'université Paris Est et chercheur au CREST appellant à une triple révolution "pédagogique, économique et culturelle" (page 121) : l'idée serait notamment celle que l'évolution de la formation doit passer par une révolution culturelle de l'image de la formation aux yeux des apprenants, des employeurs, des acteurs de la formation. Alors, si nous commencions à inventer l'affiche de la campagne nationale pour redonner l'envie d'apprendre et reconcevoir l'image de la formation ? Ou son annonce ?Quelques idées ?

(en complément des précédentes propositions de Marc Ferracci et de l'Institut Montaigne parues en octobre 2011 : "Formation professionnelle, pour en finir avec les réformes abouties").

- puis, page 196, consultez le passage relatif aux savoirs informels, "continents cachés de la formation tout au long de la vie" selon Philippe Carré. L'employabilité d'un salarié ne saurait se résumer aux savoirs formels acquis pendant la formation, existent tout à côté les savoirs informels. Pensons à identifier et reconnaître les savoirs informels d'un apprenant, pensons à la VAE, pensons à identifier les repères les plus propices aux savoirs informels avant de les valoriser puis les formaliser.

- enfin, vous resituerez en fin de livret dans le détail les 9 propositions de ce document :

1/ Aller vers un statut de l'actif qui garantirait un droit à la formation, indépendant de la situation de l'individu et fondé sur des critères objectifs permettant d'accroître l'équité du système

2/ harmoniser les outils d'analyse sur les métiers et l'offre de formation, et rendre l'information accessible aux salariés et demandeurs d'emploi

3/ s'appuyer sur un véritable collectif de formation pour améliorer et valoriser le service global rendu aux stagiaires

4/ engager la réflexion sur le lien entre impact des formations et rémunération des prestataires

5/ les opérateurs de formation doivent financer des dispositifs de suivi et d'enquête sur le devenir de leurs bénéficiaires

6/ améliorer la certification des formations et des prestataires

7/ mettre en place un droit universel à la formation professionnelle, inversement proportionnel au niveau de formation initiale

8/  communiquer aux partenaires sociaux des informations sur l'impact des formations et les trajectoires des individus formés au sein des entreprises

9/ articuler de façon plus étroite GPEC et formation.

 

La lecture d'un livre blanc intéressante.. jusqu'à une prochaine réforme de la formation ? De nouveau ? Alors, si réforme il doit y avoir, sur quelle base ? Pour continuer, pour trouver une interview de Marc Ferracci en présentation de l'étude de l'Institut Montaigne.

Bonne lecture, appuyer sur les flêches en bas à droite pour une lecture plein écran.

 

QUELLE FORMATION DEMAIN ? LIVRE BLANC DE L'AFPA

 

 

 

 

 

INTERVIEW MARC FERRACCI - PROPOSITIONS DE REFORME DE LA FORMATION PROFESSIONNELLE - INSTITUT MONTAIGNE

 

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